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L’UNFPA soulage les populations affectées par la crise malienne

Bamako (Mali) La rébellion armée dans le nord du pays déclenchée en janvier 2012, suivie par le coup d’Etat de mars 2012 et l’occupation des deux-tiers du territoire par des groupes islamistes armés ainsi que l’insécurité alimentaire qui a frappé le Sahel en 2011-2012 sont autant d’événements qui ont mené à une crise humanitaire sans précédent au Mali, poussant des centaines de milliers de personnes à se déplacer plus au sud du territoire ou vers les pays voisins. Face à cette situation, l’UNFPA a fourni une contribution substantielle en matière de santé et de protection des populations affectées.

A l’instar d’autres organismes oeuvrant dans le domaine humanitaire,  le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) a fourni aux autorités maliennes  des kits de dignité, de santé de la reproduction , de prise en charge des victimes des mutilations génitales féminines (MGF), des contraceptifs ainsi que des équipements médicaux au cours de la période. A cela s’ajoute 5910 poches de sang remises au centre national de transfusion sanguine en décembre 2012.

Ces dons d’une valeur de 1,5 milliard de francs CFA (3.0 million dollars US ) sont destinés à soulager les souffrances des populations maliennes en général et plus particulièrement des déplacés internes, notamment dans les régions de Bamako, Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou. Ils permettront d’offrir des services de santé de la reproduction de qualité dans un contexte de dysfonctionnement des structures médicales lié à la situation de crise que connait le pays.

Dans son allocution lors de la cérémonie de remise de dons en présence de la Ministre de la Famille de la Promotion de la Femme et de l’Enfant Mme Alwata Ichata SAHI, le Représentant de l’UNFPA M. Makane Kane a indiqué que les kits de prise en charge des complications des mutilations génitales féminines serviront à la prise en charge de 960 victimes de la pratique de l’excision.

Pour sa part, Mme Alwata Ichata SAHI a chaleureusement félicité le Représentant pour avoir répondu à l’appel à la solidarité que le Gouvernement avait lancé en faveur des personnes déplacées.

Par la suite, l’UNFPA a procédé à une remise officielle d’équipements médicaux, de kits de dignité, de kits de santé de la reproduction et d’ambulances au gouvernement du Mali d’une valeur de 208 892 463 FCFA (plus de 400 000 dollars US). Cette seconde donation au gouvernement malien a porté sur des kits d’urgence en Santé de la Reproduction pour les régions et districts sanitaires de Ségou, Mopti, Gao, Tombouctou et Kidal, zone tenue par la rebellion et les terroristes et régions avoisinantes.

Le Ministre de la Santé, M. Soumana Makadji a, à cette occasion souligné que « les actes que l’UNFPA pose, montrent à suffisance l’intérêt que l’organisation accorde au combat pour le mieux-être de l’enfant et de la femme, un mieux-être qui constitue une très grande préoccupation pour le Mali. »

Violences Basées sur le Genre (VBG), un autre domaine d’intervention de l’UNFPA dans la crise au Mali

L’UNFPA dans le cadre du sous cluster Violence basée sur le Genre (VBG), contribue à la prise en charge des cas de viols par la mise à disposition de kits viols, post-viol et de kits PEP (prophylaxie post-exposition). En dehors de ce volet sanitaire pour lequel il a apporté d’importantes contributions financières, l’UNFPA intervient dans trois autres volets : sécurité ; participation des associations et centres d’écoutes ; volet judiciaire.

Ainsi, le travail de plaidoyer que l’UNFPA avait entamé auprès des autorités maliennes sur les mesures de prise en charge des cas de victimes des exactions suite à la crise du Nord a abouti à la signature d’une lettre circulaire par le ministère de la justice malien.

En effet, en octobre 2012, le Ministre de la Justice, M. Malick Coulibaly, a annoncé au Représentant de l’UNFPA M. Makane Kane qu’il a reçu en audience, la signature d’un circulaire rappelant que«… les violations des droits fondamentaux des femmes dans les situations de conflit armé contreviennent aux principes fondateurs des droits de la personne humaine….et que toutes les violations de cette nature y compris et en particulier le meurtre, le viol systématique, les abus sexuels, exigent des mesures particulièrement efficaces… »

Réagissant à la signature de la lettre circulaire, Mme Rachelle Djangone MIAN, la Directrice Pays de ONU Femmes au Mali ,a tenu à “exprimer toute ma gratitude à l'équipe UNFPA/Ministère de la Justice pour ce travail important qui vient d'être fait. C'est une porte d'entrée importante pour la réparation des préjudices subis par les victimes. J'en suis particulièrement contente car cela va faciliter le travail sur le terrain”.

Dans cette optique, l’UNFPA a mis à la disposition du Ministère de la justice un lot de matériels informatiques devant permettre aux tribunaux de commencer à recenser et traiter les cas des viols et autres formes de violations des droits humains.

Un atelier de renforcement des capacités des formateurs sur la prévention, la coordination et la prise en charge des VBG en situation de crise au Mali a regroupant les membres du sous cluster VBG a ensuite été organisé. A cette occasion l’UNFPA a intensifié le plaidoyer auprès des représentants du Ministère de la Justice pour un geste significatif en lien avec le volet judiciaire, en tant que l’un des quatre piliers de la réponse aux VBG.

Adoptant une approche holistique dans la protection des droits humains, l’UNFPA a aussi contribué  à la formation 373 militaires maliens tous grades confondus sur les violences sexuelles en situation de conflits armés, en plusieurs sessions organisées par l’Etat-Major Général des Armées du Mali avec l’appui financier de la coopération hollandaise.

Il faut rappeler que la situation est en voie de normalisation au Mali suite à l’intervention militaire de la France, soutenue par plusieurs pays africains. L’administration s’est déployée sur l’ensemble du territoire accompagnée du rétablissement progressif des services sociaux. Une élection présidentielle a eu lieu le 28 juillet 2013 pour élire un chef de l’Etat qui poursuivra ces travaux avec des partenaires au développement dont l’UNFPA.