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Les droits au cœur du développement futur de l’Afrique

ADDIS-ABEBA, Ethiopie Les gouvernements africains ont énergiquement réaffirmé leur engagement commun à privilégier les besoins et les droits des femmes, des filles et des jeunes. Ils ont également affirmé que la sauvegarde et la promotion de ces besoins et droits sont essentielles pour surmonter les obstacles au développement économique et social de la région, et mener à une transformation durable pour l'avenir du continent.

La Conférence régionale africaine sur la population et le développement, tenue sous le thème « Exploiter le dividende démographique : L’avenir que nous voulons pour l'Afrique », et à laquelle a pris part des ministres de 52 pays, du 30 Septembre au 4 octobre 2013, a pris fin avec la Déclaration d'Addis-Abeba.

La rencontre a été organisé conjointement par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), et l'Union africaine (UA) dans le cadre d'un examen global des progrès réalisés dans l’accomplissement des objectifs fixés lors de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD) de 1994, qui devait mener à un nouveau type de programme qui met les droits de l’Homme au cœur du développement.

La Déclaration parle d’une plate-forme commune d'action pour remédier aux inégalités entre les sexes, assurer l'accès universel à la santé et aux droits sexuels et reproductifs et de donner la priorité à l'éducation, à la participation et l'autonomisation économique et sociale des femmes et des jeunes.

Après plusieurs jours de discussions intenses lors de réunions préparatoires d'experts, de la société civile et des jeunes de toute la région, les délégués ont adopté la Déclaration qui sera la contribution de l’Afrique à l’examen de la CIPD par l'Assemblée générale de l'ONU en 2014. En revanche, ceci façonnera les rencontres mondiales sur les priorités de développement qui succèderont aux Objectifs du Millénaire pour le développement.

La Déclaration de Addis sera aussi intégrée dans les plans de travail de l'Union africaine et de la CEA.

La Déclaration réaffirme les principes clés du Programme d'action de la CIPD, en insistant sur la responsabilité des États à protéger les droits de l'Homme et de s'attaquer aux causes profondes de la pauvreté, notamment en prenant des mesures pour prévenir les mariages précoces et fournir une éducation sexuelle complète.

Elle appelle à un accès universel et équitable à la santé sexuelle et reproductive, y compris l'éradication des mutilations génitales féminines/excision, l'accès universel à la planification familiale comme réponse à la mortalité maternelle, et de prévenir la propagation des maladies sexuellement transmissibles, dont le VIH/Sida.

Des recommandations ont été faites pour faire face aux défis et opportunités que présente l’immense et grandissante jeunesse africaine : la nécessité d’avoir une éducation de qualité y compris l'éducation sexuelle complète, d’avoir travail décent et des politiques fondées sur les droits qui répondent efficacement à l'urbanisation et la migration. Créer les conditions de paix et sécurité, y compris la lutte contre les violences faites aux femmes et filles, a été reconnu comme essentiel à un développement économique et social inclusif et durable dans le but d’exploiter le dividende démographique de l'Afrique.

Lors de la clôture, le Sous-Secrétaire général des Nations Unies, M. Carlos Lopes, a félicité les gouvernements africains pour cet accord tourné vers l’avenir.

«La Déclaration d'Addis-Abeba sur la population et le développement parle d'elle-même en prenant une position forte pour assurer la dignité et l'égalité. Elle appelle à de nouveaux partenariats afin de réaffirmer la pertinence et l'importance continue de la population et des questions connexes comme étant crucial aux stratégies de développement. Je constate également que la plupart de ces engagements sont axés sur les jeunes et sur ​​la mise en œuvre des politiques en faveur de jeunes", a déclaré M. Lopes.

Aussi à la clôture de la conférence, le Directeur exécutif de l’UNFPA, le Dr Babatunde Osotimehin, a déclaré que «l’Afrique a la possibilité de se réinventer, se développer et devenir plus compétitif. Développer le potentiel de nos jeunes demandera des investissements axés spécifiquement sur la jeunesse. Je suis heureux que l'Afrique propose  ses propres priorités qui peuvent faire avancer le programme de développement pour l’après 2015 et l'agenda africain 2063 ».

Les gouvernements ont adopté la Déclaration par consensus. Plusieurs gouvernements ont émis des réserves par rapport à certains paragraphes de la Déclaration.