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Promouvoir l'autonomisation des filles et des femmes en Mauritanie

Nouakchott (Mauritanie) - Le développement d'une nation dépend de l'investissement dans l'éducation des femmes et des filles. A ce titre l’UNFPA continuera à aider la Mauritanie pour une promotion continue de la place et des droits des filles et des femmes, a déclaré le Directeur exécutif de l’UNFPA, Dr Babatunde Osotimehin, le 11 janvier après un entretien avec le ministre des Affaires sociales, de l'enfance et de la famille, Mme Aicha Vall Verges, qui lui a fait visiter le Centre de formation pour la promotion de la femme à Nouakchott.

Dr Osotimehin a félicité le gouvernement et le ministère pour la promotion de l'égalité de genre car davantage de femmes occupent des postes de responsabilité tant en politique que dans le secteur privé. "Le pays est sur

la bonne voie, nous devons accélérer le rythme. En matière de formation, nous devons augmenter le nombre de femmes et de filles qui acquièrent des compétences. En outre, le pays a atteint des sommets dans l'enseignement primaire. Néanmoins, il faut faire plus dans l'enseignement secondaire et tertiaire».

Il convient de noter que dans les trois dernières années, l'accès des femmes aux postes de décision a augmenté. Il y a 31 femmes parmi les 147 députés à l'Assemblée nationale et 9 femmes parmi les 56 sénateurs ; 6 maires sur 218  et 25,2 % des fonctionnaires sont des femmes.

Remerciant l’UNFPA pour tout le soutien apporté à son ministère, la ministre a salué le partenariat stratégique qui a porté ses fruits notamment le soutien au centre de formation professionnelle ou les unités de résolution des litiges familiaux qui aident les femmes dans la médiation, l'action juridique pour obtenir une pension alimentaire, etc.

Le Directeur exécutif a réaffirmé le soutien continu de l'UNFPA aux femmes à tous les niveaux, exprimant sa satisfaction que la Mauritanie a des avant-projets de loi contre les mutilations génitales féminines/excision (dont la prévalence a diminué de 72% en 2003 à 69,4% présentement) et contre la violence sexuelle ainsi qu’un projet de loi sur la santé sexuelle et reproductive.

Le Centre de formation pour la promotion de la femme est un centre pilote avec trois branches. Il forme 240 jeunes filles par an. Mis en place dans le district de Nouakchott par le gouvernement pour assurer la formation professionnelle d’anciennes écolières issues de milieux urbains et ruraux défavorisés, il a formé 2768 jeunes filles de 2006 à 2013. Il est soutenu par l'UNFPA à travers la fourniture d'équipements pour plusieurs ateliers notamment la couture, la coiffure, la pâtisserie, la cuisine, la maintenance informatique et le secrétariat. L’UNFPA a également aidé des filles qui ont terminé leurs formations à ouvrir leur propre restaurant.

Selon Mlle M'roum Dieng, 22 ans, étudiante en secrétariat, ses 14 camarades de classe et elle ont rejoint le centre après leur succès à l’examen d'entrée. "Seules les meilleures sont sélectionnées. J'ai eu la chance d'obtenir mon baccalauréat dans le domaine technique, puis j’ai passé l’examen ".

A la question à savoir pourquoi elle suivait la formation, elle répond : «je veux me débrouiller toute seule après la formation de deux ans parce qu'il n'est pas bon de rester inactive à la maison. Je crois que les filles devraient avoir la chance de faire des études supérieures et être des intellectuelles aussi».

M'roum a ajouté que les frais de scolarité sont couverts par le Centre et après leur examen final, elles devront passer un autre examen pour entrer dans la fonction publique. "Seules les meilleurs seront choisies. Celles qui ne feront pas l’affaire devront aller chercher des emplois dans le secteur privé », a-t-elle souligné.

Pour rappel, le Dr Osotimehin, qui est le premier directeur exécutif de l’UNFPA à visiter la Mauritanie ces 15 dernières années, est arrivé à Nouakchott le 11 janvier pour une visite de travail de deux jours. Il a notamment échangé avec le chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz sur des questions importantes telles que la CIPD au-delà de 2014 et l'intégration de la santé et des droits sexuels et de la reproduction dans l'agenda de développement post 2015.