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SWEDD 2 : Le projet SWEDD passe à l’échelle

Projet ambitieux et novateur- le SWEDD, Autonomisation des Femmes et Dividende Démographique au Sahel œuvre à accélérer la transition démographique pour créer les conditions d’un dividende démographique. Un Atelier de réflexion stratégique et de la Phase 2 du projet SWEDD (SWEDD 2) s’ouvre lundi 3 février 2020, à l’Hôtel Palm Club d’Abidjan,  sous l’égide de Professeur Mariatou Koné, Ministre de la Solidarité, la Cohésion sociale et la Lutte contre la Pauvreté de Côte d’Ivoire.

 

L’Atelier réunit 70 participants venus de neuf pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, des partenaires techniques et financiers. L'atelier vise à tirer des leçons de l'opérationnalisation de la phase 1 du projet SWEDD (SWEDD 1), pour informer et enrichir la phase 2 (SWEDD 2).

 

En vigueur depuis novembre 2015 au Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad- puis au Bénin, le SWEDD intervient dans les zones et territoires avec de multiples fragilités, entre autres, le taux élevé de mariage des enfants, les grossesses précoces, la déscolarisation des filles. Ces pays ont mis en œuvre des programmes s’adressant aux adolescentes, âgées de 10-19 ans et aux femmes permettant d’améliorer les compétences de vie et les connaissances en santé sexuelle et reproductive ; de garder les filles à l’école, et d’accroitre les possibilités économiques.

 

Les chefs religieux et traditionnels favorisent le dialogue communautaire en faveur de l’enseignement secondaire des filles, de l’autonomisation sociale et économique des femmes, de l’espacement des naissances ; et contre le mariage des enfants, les grossesses précoces et les mutilations génitales féminines. Les garçons et les hommes sont, eux, engagés à travers des interventions communautaires en faveur de l’autonomie féminine. Le projet contribue à éliminer les goulots d'étranglement systémiques dans la prestation des services de santé et à développer un agenda politique qui place la démographie et le genre au centre de la croissance.

 

L’initiative régionale, construite sur la base d’un modèle d’appropriation par les pays privilégie le faire-faire et s’appuie sur les compétences nationales. Il s’agit-là d’un modèle de partenariat ou les pays ont la pleine propriété de leurs ressources, et collaborent avec les institutions académiques nationales en établissent des partenariats avec les institutions et structures locales pour la mise en œuvre de certains programmes.

Le SWEDD est devenu une plate-forme pour les décideurs politiques, les chefs religieux et autres leaders d'opinion pour traiter des sujets considérés comme sensibles dans la région.

Avec l’appui financier de la Banque mondiale et l'appui technique conjoint du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et de l’Organisation Ouest-Africaine de la Santé pour une durée initiale de quatre ans, les pays membres du SWEDD ont fait des progrès substantiels. Malgré la diversité de leurs besoins, les pays ont apprécié le modèle d’assistance technique mis en place et coordonné par l’UNFPA. Une assistance qui a permis de favoriser les échanges d’expériences, la mutualisation des compétences et l’intégration sous régionale.

 

Entre 2015 et 2019 (SWEDD - Phase 1), les indicateurs-clés dans les pays membres du projet ont connu une évolution positive dans les domaines centrés sur l’éducation des filles, la fécondité des adolescentes, la planification familiale, la santé de la mère et de l’enfant, le rapport de dépendance des enfants et le relèvement de l’âge du mariage. Le succès de l’initiative a fait des émules et a convaincu de nouveaux pays, le Cameroun, la Guinée Conakry, Madagascar, le Sénégal, la Gambie et le Togo d’adhérer au projet. Les demandes d’admission sont à l’étude. Les résultats remarquables ont également a facilité la prorogation de la date de clôture au niveau des six pays pionniers jusqu’en 2023.

 


Club des maris au Burkina SWEDD ©Ollivier_Girard_UNFPA WCARO

 

Quelques résultats du SWEDD 1:

Taux net de scolarisation à l’école primaire et secondaire de filles

Le taux net moyen de scolarisation à l’école primaire et secondaire dans les pays SWEDD, entre 2015 et 2019, est passé respectivement de 62,83% à 70,17% et de 19% à 28,4%. Ces résultats font ressortir l’importante contribution du SWEDD dans l’éducation des filles dans sa zone d’intervention. En effet, le taux de rétention scolaire des adolescentes inscrites dans les écoles secondaires dans les zones d’intervention du projet est de 93,43% contre 70% en 2015.

 

Indice synthétique de fécondité (ISF)

Le nombre moyen d’enfants par femme dans les pays SWEDD  est en baisse. Il est passé de 6,2 à 5,5 en 4ans (2015-2019). Après le Niger, le Tchad qui avait l’indice le plus élevé,  (7,1) au-dessus de la moyenne régionale est aujourd’hui autour de 5,6, sensiblement égal à la moyenne régionale.

 

Taux de prévalence contraceptive moderne

Quant au taux de prévalence contraceptive moderne (TPCm), il a connu une évolutive positive de 2015 (9) à 2019 (17,5). Le Tchad, la Mauritanie et le Mali qui avaient respectivement les taux les plus faibles 2 ; 5 ; et 7 sont aujourd’hui à 7 ; 19 et 16.

 

Taux de fécondité chez les adolescentes

Le taux moyen de fécondité chez les adolescentes a baissé de 2,83 points entre 2015 (141,83) et 2019 (139).

 

Âge moyen du mariage

La moyenne de l’âge moyen du mariage dans les pays SWEDD  a connu une légère hausse de 17,15 (2015) à 17,33 (2019).

 

Taux de mortalité maternelle

Le taux moyen de mortalité maternelle dans les pays SWEDD est passé de 606 en 2015 à 558 en 2019.

 

Prévalence de la malnutrition : Retard de croissance

La prévalence moyenne de la malnutrition dans les zones d’intervention du SWEDD est passée de 33 à 29,5.

 


SWEDD Mauritanie Espace sûr ©UNFPA WCARO

Rapport d’enfants à charge

Le taux de dépendance des enfants à charge a connu une baisse notable entre 2015 (89,4%) et 2019 (86%).

 

•     La campagne médiatique régionale a permis de toucher plus de 300 millions de personnes à travers la télévision, la radio, les réseaux sociaux. Elle a également mobilisé des célébrités et artistes venant des six pays et au-delà.

•     3 372 espaces sûrs pour les filles, fonctionnels et offrent un paquet intégré de services (éducation, alphabétisation, développement des compétences, services de santé y compris la planification familiale, la formation professionnelle et l’accompagnement des initiatives économiques) pour rendre autonomes 116 247 adolescentes déscolarisées, non scolarisées, jeunes filles et jeunes femmes.

•     Plus de 100 000 filles dans les pays du projet ont bénéficié d'interventions en matière de scolarisation (aides alimentaires, bourses d'études, transport, soutien familial). Au Mali, par exemple, cette intervention a permis d’augmenter de 30 % le taux d'accès des filles ciblées aux écoles secondaires et de réduire de 51 points le taux d’abandon scolaire dans les zones d’intervention passant de 53 % avant le projet SWEDD à 2 % avec les interventions du projet. En Côte d’Ivoire, 934 espaces sûrs en milieu scolaire ont contribué au maintien de près de 20 000 filles à l’école.

•     1 719 clubs de maris et clubs de futurs maris mis en place au profit de plus de 24 000 garçons et hommes (13 127 hommes et 10 995 garçons) et mettant en œuvre un programme de transformation du genre permettant ainsi de réduire la violence à l'égard des femmes, d'augmenter le nombre de visites prénatales et le partage des tâches ménagères.

•     Au Tchad, les groupes économiques de femmes ont bénéficié de capitaux, de formations et d'équipements pour augmenter leurs revenus. Les filles sont formées aux emplois habituellement occupés par des hommes, tels que la plomberie, l’électricité et la mécanique automobile.

•     Au Niger, 1 500 jeunes femmes entrepreneures sont en cours de formation dans les filières des métiers traditionnels et non traditionnels.

•     En Mauritanie, 100 micro-entreprises au profit de 1 200 jeunes femmes participantes aux activités des espaces sûrs sont mises en place dans les 4 régions du projet SWEDD.

•     Au Mali, le projet a poursuivi l’initiative de recrutement et déploiement de 105 sages-femmes en milieu rural et l’installation des cabinets privés de sages-femmes. Ces initiatives ont permis une augmentation de 8 % de l’effectif national de sages-femmes en activité et de 17 % de l’effectif des sages-femmes dans les zones d’intervention du SWEDD sur une période de deux ans. Ces deux initiatives ont contribué à une augmentation du nombre de nouvelles utilisatrices des méthodes modernes de planification familiale estimé à 19 000 en 2019.

•     Le projet a permis la disponibilité des produits en santé de la reproduction au dernier kilomètre dans l’ensemble des pays.

•     Le projet a poursuivi la formation des trois masters en sciences infirmières et obstétricales et son appui aux écoles de formation des sages-femmes avec un accent sur les zones rurales (i.e. en dehors de la capitale), aux sites de stages et au mentorat clinique des sages-femmes.

•     Le SWEDD a contribué à renforcer la participation des leaders d’opinion (en particulier les chefs religieux et traditionnels) à travers l’octroi de financements pour la mise en œuvre des activités de sensibilisation, mais aussi à travers leur implication dans le processus de mise en œuvre des sous-projets en faveur des filles et des femmes.

•     Le projet a poursuivi, grâce à son partenariat avec le CREFAT-CREG, les formations National Transfer Account et démographie, la production des profils sur le dividende démographique (DD) et l’opérationnalisation des observatoires du DD, le renforcement des capacités nationales sur le DD et le suivi du Demographic Dividend Monitoring Index et son intégration dans les plans nationaux de développement.