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Un journaliste à la 3ème CIPF

Addis Abéba, capitale de l’Ethiopie, a abrité, du mardi 12 au vendredi 15 novembre 2013 la 3è conférence internationale sur la planification familiale (CIPF). Le thème de la rencontre est «Accès intégral. Choix intégré».

 

J’étais en terre éthiopienne pour participer à ce grand rassemblement. J’étais un des 3 300 participants venus de 120 pays, badgés, pressés et s’exprimant, comme dans la tour de Babel, dans un anglais qui, très souvent, faisait l’impasse sur la grammaire, le vocabulaire, la syntaxe.

Les délégués et les experts venaient de tous les continents. Au fil des conférences, celles de Kampala (2009), de Dakar (2011), de Ouagadougou (2011) et aussi de Londres (2012), on a noté un regain d’intérêt pour la PF, particulièrement en Afrique sud saharienne francophone. Les organisateurs de la conférence d’Addis Abéba pensent que « le succès de cette confèrence ne sera pas seulement mesuré à l’aune des résultats et des idées lors des rencontres faites ici à Addis Abéba, mais surtout dans la continuité des actions de suivi des engagements pris par chacun (…)».

Dans la partie Ouest du continent africain dont le cas a longtemps désespéré les experts et les activistes de la Santé de la reproduction, on sent, au fil des indicateurs qui bougent, un encourageant frémissement. Les taux de prévalence de la contraception commencent ou recommencent à bouger.

Ce sont de bonnes nouvelles. Elles ont été largement discutées à Addis Abéba. Il a été également question dans la capitale éthiopienne des politiques et des programmes à mettre en oeuvre, des bonnes pratiques à partager, des innovations technologiques, etc. pour accentuer la cadence et booster la prévalence contraceptive. Le Sénégal, mon pays, a annoncé que les actions menées ces temps derniers ont permis de faire passer la prévalence de la contraction moderne de 12 % à 16 % entre 2011/2012 et 2013.

C’est exceptionnel ! Un gain de quatre points que seuls deux pays (le Pérou et le Sénégal) ont réalisé en un temps aussi court, selon le Dr Bocar Daff, directeur sénégalais de la Santé de la reproduction et de la survie (Ministère de la santé).

Le Dr Bocar Daff avait révélé l’information le 5 nombre 2013 lors d’un panel sur le financement de la PF organisé à Dakar par le Population Reference Bureau, une Ong américaine. Le défi auquel le Sénégal doit désormais faire face est d’accélérer la cadence et de ne pas tomber dans la routine.

Bref, au Sénégal comme dans le reste de l’Afrique subsaharienne francophone, les acteurs de la PF veulent maintenir le rythme et, surtout, sortir des sentiers battus pour donner de vigoureux coups de fouet aux programmes de PF. Il était temps…

La PF aidera à transformer l’Afrique

Mardi 12 novembre dans l’après-midi, au siège l’Union africaine, la cérémonie d’ouverture de la conférence internationale sur la planification familiale présidée par M. Hailemariam Desalegn, le Premier ministre Ethiopien, a été un temps de rappels insistants des bienfaits de la PF pour la santé des populations. Le nouvel élan de la PF observé en Afrique a quelque chose de réconfortant.

Presque partout, chez les décideurs, dans les rangs de la société civile, chez les communautés, etc. on reconnaît désormais le lien très fort qui existe entre la PF et le développement durable. « La PF est un investissement rentable » , soutient cet expert à la recherche d’une oreille attentive, d’un journaliste attardé dans les couloirs du siège de l’Union africaine.

Après toutes les réunions et autres conférences internationales consacrées, ces dernières années, à la PF, le Premier ministre de l’Ethiopie, devant les milliers de délégués, a déclaré que l’élan pris incite à l’optimisme et, selon lui, ce qu’il y a à faire dans la dernière ligne droite sera d’accélérer le rythme.

Pour le directeur exécutif de l’UNFPA, M. Babatunde Osotimehin, l’Afrique a besoin de la PF. II a plaidé pour une croissance économique forte qui, surtout, crée des emplois et permet d’importants investissements notamment dans les secteurs social et économique en vue, entre autres, de permettre aux jeunes africains de jouir de leurs droits notamment en matière de santé de la reproduction. Cela pourrait aider l’Afrique à profiter du dividende démographique.

La présidente de la Commission de l’Union africaine, Mme Nkosazana Dlamini Zuma a soutenu, dans son allocution, que l’avenir sera facilité par la PF en ce qu’elle va favoriser la transformation sociale et économique de l’Afrique.

Pour elle, « la PF est un droit que nous devons défendre ». Elle a encore ajouté que « la PF n’est pas seulement moins d’enfants, mais un développement intégral » . Elle a aussi mis en exergue l’importance de l’éducation pour les jeunes filles et les femmes africaines.

Aux jeunes largement représentés à la CIPF, la Commissaire de l’UA a lancé : « commencez à donner forme à votre avenir ! », après les avoir félicités pour leur engagement.

El Bachir Sow est journaliste diplômé de l’école de journalisme de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal). Il a travaillé pendant de longues années au quotidien national « Le Soleil » . Il y a occupé diverses fonctions dont la dernière, au moment de sa retraire (juin 2012), est celle de Coordonnateur général des rédactions. Il a été, de longues années durant, le chef du service santé et développement du journal Le Soleil. El Bachir Sow a travaillé quatre ans au centre d’études et de recherche sur la population et le développement (CERPOD) de l’Institut du Sahel (Cilss) à Bamako où il était chargé de la vulgarisation des résultats de la recherche.

Il a été membre fondateur et coordonnateur des réseaux sénégalais et sahélien (pays du Cilss) de journalistes sur la population et développement. Il a couvert plusieurs conférences régionales et internationales dont celles du Caire (CIPD/1994), de Beijing (1995), Women Deliver (Juin 2010) à Washington, de la CIPF de Dakar et d’Addis Abeba. Il est lauréat du Prix de l’Assemblée nationale du Sénégal et Ambassadeur de la planification familiale. El Bachir Sow a animé ou coanimé de nombreux ateliers l’intention de journalistes Afrique subsaharienne et à Haïti pour partager son expérience de la valorisation des informations sur la population, la santé et le développement.

Email : elbachirsow@yahoo.fr / elbachirsow.unblog.fr